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Rencontre avec Anas, lycéen syrien qui a fuit son pays avec sa famille

Rencontre avec Anas, lycéen syrien qui a fuit son pays avec sa famille

Anas est venu dans notre classe de seconde pour nous parler de ce qu'il a vécu. Ce fut une rencontre que nous ne sommes pas près d'oublier de par tout ce qu'il a vécu.

 "La vie en Syrie c'est comme en prison"

En effet en Syrie, vous n'êtes pas sans savoir que le régime en place est un régime autoritaire (la famille Assad est au pouvoir depuis 1970). Anas nous a parlé de son père qui a été kidnappé par des hommes du régime car il a sauvé des personnes. Comme il est atteint de diabète, il n'a pas eu accès en prison à ses médicaments et a été beaucoup affaibli et a perdu beaucoup de poids. Il nous a également parlé du fait qu'il était difficile de s'exprimer librement puisqu'il y avait partout des groupe de gens qui soutiennent le régime.

Leurs deux maisons avaient été détruites. Il ont alors décidé de fuir. Le seul accès pour rejoindre la France est au Liban. Ils ont alors fait une demande de Visa qui a été refusée. Leur père, une fois sorti de prison a même rencontré l'ambassadeur, sans résultat.

" On a vendu tout ce qu'on avait".

Puisqu'on leur a refusé le droit légal de rejoindre la France, Anas et sa famille n'avaient plus qu'une seule solution, dangereuse, illégale et éprouvante : traverser différents pays pour atteindre la France. Ils ont acheté des billets d'avion pour la Turquie, sont partis au Liban. Ils avaient 48 heures pour rester au Liban après quoi il fallait qu'ils quittent le territoire. Sauf qu'il s'est avéré que les billets étaient des faux... Ils ont alors pris un bateau à Tripoli (Liban) pour arriver à Mersin (Turquie). Anas n'était pas rassuré car il ne savait pas nager, et les bateaux qu'ils devaient prendre n'étaient pas des bateaux de croisière, bien loin de là, Ils transportaient environ 60 personnes. Ces embarcations sont de très mauvaise qualité et certains migrants se noient en tentant la traversée sur ces "bateaux".  En Turquie, ils se sont retrouvés "en sécurité" car il n'y avait plus le régime de Bachar El Assad. De là pour rejoindre leur but (la France) il y a deux passages avec quasiment 9 pays à traverser. Ils sont ensuite allés en Grèce à Samos, puis à Athènes où ils ont pris un vrai bateau avec les gardes côtes. Ils ont fait faire des faux papiers français, sauf qu'ils ont été interceptés et arrêtés. Anas nous a déclaré à ce propos: "Je trouve que c'est injuste, la prison c'est pour les tueurs, les voleurs, pas pour les gens qui veulent vivre".

Une fois libérés, ils ont traversé l'Albanie, la Serbie, et la Hongrie. La Hongrie faisant partie de l'Union Européenne (espace Schengen), ils ont été obligés de donner leurs empreintes digitales (en effet la loi de Dublin oblige les réfugiés à donner leurs empreintes digitales dans le 1er pays d'asile de l'Union Européenne). Mais ils ont refusé, et ont alors été emprisonnés. Pendant 3 jours, ils n'ont rien eu à manger ni à boire. Le troisième jour, on leur a donné du porc. Anas et sa famille sont de confession musulmane...Malgré cela, ils en ont mangé car il fallait bien survivre.

Anas a beaucoup de respect pour son beau-frère français qui les a aidés à terminer leur voyage. Ils ont fini par traverser l'Autriche, l'Allemagne, le Luxembourg pour arriver enfin en France. Cela fait un an qu'il est en France. Au début, sa famille et lui se sont rendus à la préfecture de Toulouse mais le droit d'asile leur a été refusé. Ils sont alors allés à Orléans où sa famille a eu une convocation, où on leur a posé beaucoup de questions et après une longue enquête, on leur a accordé un droit d'asile en France valable dix ans. Pour avoir l'identité française, il faut un contrat de travail mais Anas ne peut pas encore l'obtenir puisqu'il est encore scolarisé. Il a fait trois secondes, une en Syrie, une à Toulouse et une ici à Jean Monnet.

On le remercie d'être venu nous raconter son périple et on lui souhaite le meilleur pour la suite. Nous souhaitons également remercier notre professeur d'histoire géographie Mme Wertheimer.

 

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