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Le réseau Education sans frontières en Indre-et-Loire : une aide primordiale pour les sans-papiers

En mai dernier, un article de la nouvelle République attirait notre attention sur le cas d'Enkjhin, élève de notre lycée. Originaire de Mongolie, elle était "sommée de quitter la France" suite à un contrôle de police. En effet, Enkhjin possédait un passeport, mais pas de titre de séjour. Depuis, grâce notamment à l'aide de RESF, elle est autorisée à rester pour passer son bac.
Nous avons interviewé Patrick Bourbon, cofondateur du  Réseau Education Sans Frontières (RESF) en Indre-et-Loire, et qui accompagne notamment Enkhjin dans ses démarches administratives.
 
Pouvez-vous vous présenter, et présenter le RESF ?
 
Je suis enseignant à la retraite et depuis très longtemps sensibilisé à la situation des «sans-papiers». En janvier 2006,  avec d’autres enseignants, nous avons lancé le Réseau Éducation Sans Frontières, pour soutenir une jeune ivoirienne du lycée Choiseul qui, à sa majorité, venait de recevoir une Obligation à Quitter le Territoire Français (O.Q.T.F.). 
En une quinzaine d’années d’existence, le RESF a aidé à la régularisation de plusieurs centaines de personnes : des familles avec des enfants scolarisés ou des étudiants. 
 
 Quel rôle avez-vous dans l’association ?
 
Notre association RESF fonctionne de manière collégiale, et nous sommes une quinzaine de militants actifs en Indre-et-Loire. Vu mon statut de «cofondateur» du Réseau dans le département, j’ai souvent le rôle de porte-parole pour communiquer à l’extérieur de l’association, dans la presse ou diverses institutions.
 
Comment avez-vous connaissance de cas de mineurs isolés / étrangers ?
 
Tous les étrangers, mineurs ou non, qui se trouvent en difficulté, soit parce qu’il ont reçu une O.Q.T.F. de la part de la préfecture, soit pour être aidés, savent très bien où nous trouver. 
Nous tenons une permanence deux fois par mois au Sanitas et les contacts téléphoniques du Réseau circulent dans les associations, les différentes communautés ou parmi les établissements scolaires.
 
En général, quels sont les profils des jeunes que vous aidez (tranche d’âge, pays d’origine, situation…) ?
 
Nous aidons souvent les parents des jeunes car, en France, un jeune mineur n’est pas en situation irrégulière. Mais à sa majorité, il se retrouve bien souvent dans l’irrégularité : les démarches administratives vont être différentes si le jeune vit sans ses parents, si ses parents sont en situation régulière ou non, s’il est entré en France avant ses 13 ans ou non, s’il est lycéen, étudiant, en apprentissage…
Les jeunes que nous aidons viennent de nombreux pays différents mais surtout de pays de l’Afrique francophone (Maghreb, Sahel...).
 
Quel accompagnement leur proposez-vous ? Comment les aidez-vous ?
 
L’aide prend plusieurs formes, mais il s'agit surtout d'un accompagnement dans les démarches administratives complexes pour être régularisé, et parfois, d'un soutien financier par le paiement des frais d’inscription pour les étudiants ou pour les fournitures scolaires.
Concrètement, les demandes de titres de séjours sont établies par les membres du Réseau pour les jeunes et leur famille.
Pour les Mineurs Non Accompagnés (MNA) dont la minorité est contestée par le Conseil Départemental, c’est une autre association, UTOPIA56, qui leur trouve des familles d’accueil bénévoles et les scolarise.
RESF et UTOPIA56 collaborent, mais c’est le RESF qui dépose les demandes de régularisation à la préfecture lorsque les jeunes deviennent majeurs.
 
Qu’est-ce qui vous a interpellé dans le cas d’Enkjhin ? 
 
A deux mois de passer le bac, Enkjhin a été victime d’une triple injustice : la police lui a confisqué son passeport, la préfecture du Nord lui a délivré une O.Q.T.F. et, une interdiction de retour d’un an en France. 
Cependant, Enkjhin n’a commis aucun délit et est une lycéenne méritante, compte tenu des efforts qu’elle a faits pour apprendre le français, qui n'est pas sa langue maternelle.
 
Concrètement, quelle aide pouvez-vous lui apporter ?
 
Nous avons très rapidement interpellé la presse pour qu’une mobilisation solidaire s’enclenche. Parallèlement, nous l’avons aidée à déposer un dossier de demande de titre de séjour « étudiant ». L’article de la Nouvelle république a ému beaucoup de personnes, dont des députés qui sont intervenus auprès de la préfecture pour qu’Enkjhin soit régularisée.
 
D'après vous, que va-t-il advenir d'elle prochainement ?
 
Elle va pouvoir passer son bac très sereinement, Madame la Préfète s’y est engagée. Son dossier de demande de carte de séjour, ainsi que ceux de sa famille, seront examinés durant l’été. Nous espérons qu’ils recevront une réponse positive ; dans tous les cas, nous restons très vigilants.
 
Espérons donc qu'Enkjhin pourra rester sur le territoire français, et que ses études se dérouleront sous de bons auspices !
 
Nous remercions Patrick Bourbon pour avoir bien voulu répondre à nos questions. 
 
 

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