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Ecologie et culture : la jeunesse au premier plan

Saviez-vous qu'un de nos professeurs du lycée est également adjoint au maire de Tours en charge de la culture ? 

Eh bien nous, on l'ignorait ! Quand on a eu l'info, on a décidé de lui poser quelques questions. 

Pouvez-vous vous présenter ?

Je m’appelle Christophe Dupin, je suis professeur de sciences économiques et sociales au lycée, et depuis le mois de juillet 2020, je suis élu adjoint au maire de Tours, en charge de la culture et de l’éducation populaire.

Quel est votre parcours scolaire, associatif et politique ?

J’ai eu mon bac en 1987, un bac « C », qui comprenaient des matières scientifiques. Ensuite, j’ai fait de la science économique à l’université pendant deux ans, à la faculté de Tours, puis une maîtrise à l’université de Toulouse en économie sociale. Finalement, j’ai passé le CAPES pour devenir professeur de SES.

Je me suis engagé dans diverses associations : président d’une compagnie de théâtre de rue, trésorier d’une compagnie de théâtre… au lycée, nous avons aussi développé avec les élèves l’association Bandia-Monnet, collaboration entre le lycée Jean Monnet et le lycée de Bandiagara, au Mali. De plus, j'ai contribué avec un collectif au rétablissement de la salle de spectacle Le Bateau Ivre en 2010, pour éviter qu'elle devienne un simple garage, et garder ainsi une salle de spectacle au cœur de la ville de Tours. 

Je me suis présenté il y a 6 ans sur les listes municipales (2014) et régionales (2015), et aussi aux élections législatives (2017) avant d'être élu dans l'équipe de la mairie de Tours aux élections municipales de 2020, après une préparation de 3 ans.

Pourquoi avez-vous choisi de vous engager en politique ?

Pour essayer d'agir aujourd'hui contre les dangers de demain. Cet engagement est un prolongement de mon engagement associatif. C'est aussi pour apprendre les codes et les caractéristiques du monde de la politique.

Mon engagement particulier pour ma ville est quant à lui fondé sur ma conviction que le pouvoir est surtout local, qu'il permet de mobiliser des citoyens, d'organiser des réunions de travail, des réflexions concrètes sur comment nous pourrions changer les choses… il faut assumer des responsabilités. Aujourd'hui, beaucoup de gens crachent sur les politiciens mais ne veulent pas s'engager en politique ; à un moment donné, il faut quand même s'y coller !

Comment arrivez-vous à concilier vos deux activités ? 

Quand j'ai été élu, je me suis demandé si je continuais mon activité professionnelle ou pas. Ma fonction me donne une indemnité, mais j'ai toujours été partisan du fait que les élus doivent aussi être ancrés dans la "vraie vie" - même si la vie politique, c'est aussi la "vraie vie".

J'ai donc demandé à être à tiers-temps, mais le rectorat me l'a refusé. Je travaille donc finalement à mi-temps pour le lycée.

En cumulant mon emploi de professeur avec la charge de travail d'élu, on arrive à des semaines bien chargées. J'enchaîne les rendez-vous, et mon agenda est rempli jusqu'à deux mois à l'avance ! Mais il faut quand même garder des moments familiaux. Il faut savoir dire non, sinon c'est du surmenage et on ne tient pas le coup.

Christophe Dupin interviewé par les élèves du Lycéen déchaîné

Pouvez-vous nous citer des actions que vous avez mises en place en faveur des jeunes, plus particulièrement des lycéens ?

Dans le milieu de la culture, nous menons des actions en faveur des jeunes comme une politique de tarification en faveur des jeunes, avec la gratuité des musées et des châteaux de la ville pour les moins de 18 ans, et un demi-tarif pour les étudiants. Nous avons aussi lancé des ateliers de pratiques artistiques, par exemple dans le cadre du festival des Inattendus, centré cette année sur les arts urbains, et qui aura lieu cet été : quand les jeunes pratiquent un art, que cela soit du théâtre, du slam, de la danse, ou du cinéma, ils se rendent compte de plein de choses, ils se posent des questions, et cela les transforme.

Dans le secteur de l'éducation également - car les villes ont la compétence de gérer les écoles primaires - nous avons eu l'occasion de créer un parcours d'éducation artistique et culturelle (PEAC) pour les enfants de la ville : de janvier à juin, puis de septembre à janvier, 70 classes dans 20 écoles différentes vont pouvoir travailler avec un artiste ou un intervenant en dansant, en faisant des réalisations en arts plastiques… c'est l'occasion de les initier à l'art, et de faire un parcours intéressant, même si cela est long à mettre en place, surtout avec la Covid.

Comment arrivez-vous à concilier culture et écologie ?

La culture, c’est ce qui permet de relier les hommes, de partager les humanités, les façons de vivre, les façons de concevoir le monde. De fait, on est à une époque où il faut qu’on change notre rapport au monde, notre façon de le concevoir, notre rapport avec les autres êtres vivants, car on s’intéresse trop à satisfaire nos propres besoins. Les artistes peuvent donc nous aider à revoir notre façon de vivre.  On veut recréer du lien !

Auriez-vous des conseils pour les lycéens qui souhaitent s'engager dans la politique ou l'associatif ?

Commencer par l’associatif tranquillement. Il vaut mieux déjà avoir son expérience dans une association et après évoluer. La politique est une continuité de l’engagement, donc saisissez les opportunités que vous offre le lycée comme le club journal, l’association Bandia Monnet et les écovolontaires. Ce sont des activités éducatives où on apprend d’autres connaissances que celles qui sont académiques, et qui transforment et émancipent. C’est le principe de l’éducation populaire.

Des projets dont vous êtes particulièrement fier ?

Depuis que j'ai été élu, j'ai dû résoudre certaines crises dans le milieu de la culture : par exemple, face au départ de plusieurs responsables de l'opéra et du conservatoire, j'ai dû recruter un directeur, un directeur général, une directrice des affaires culturelles, un directeur du conservatoire. Parmi nos projets culturels, outre le festival des Inattendus, qui aura lieu entre août et septembre cette année, nous sommes aussi fiers d'avoir accueilli le plus gros spectacle en extérieur de France (15 000 personnes !) avec la Compagnie Off

Il n’y a pas longtemps, quand les premiers ateliers de pratique de danse ont commencé dans une école, eh bien c’était la première fois que les professeurs faisaient venir un artiste dans leur école maternelle. De fait ils étaient très contents pour les enfants, et ça faisait plaisir. On se dit que pendant plusieurs séances, de belles choses vont se passer dans cette école et avec ces enfants qui représentent notre avenir. Cela a donc été financé par la mairie.

Nous sommes également fiers d’avoir accueilli la ligue slam de France à l’occasion d’une assemblée générale, et d’avoir créé et réussi à présenter 2 années de suite le festival les Inattendus.

Pour finir, un bon plan culturel pour les lycéens ?

Il faut oser franchir les portes de la culture (musée des beaux-arts, château de Tours, CCOD…), car le samedi il y a des visites guidées et commentées, accès gratuit pour les lycéens.
Car l’art c’est fait pour cela, c’est une autre façon de voir la vie et le monde.

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L
Un article hyper intéressant, c'est super de voir ce qui est fait pour la culture et les jeunes :)
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